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Suspension judiciaire de la raffinerie Dangote à Lamu : un conflit foncier bloque les travaux Publié le 30 septembre 2026 par Christ-loisele (3 min de lecture)
Un tribunal kényan a gelé temporairement la construction de la méga-raffinerie de Dangote à Lamu, en raison d’un litige opposant 133 habitants de Chandavai à la société nigériane. La décision pourrait retarder un projet phare pour l’indépendance énergétique du Kenya.
Un arrêt provisoire lié à un conflit foncier
La Cour de l’environnement et des terres de Malindi a ordonné, le 29 septembre 2026, le maintien du statu quo sur le site de la future raffinerie de Lamu, en réponse à une demande d’indemnisation déposée par 133 résidents de Chandavai. Ces derniers revendiquent la parcelle LR No. 13061, au cœur du projet, et dénoncent une menace sur leurs droits fonciers ancestraux, selon La Nouvelle Tribune .
Le tribunal a suspendu les activités de construction jusqu’au 14 octobre 2026, date à laquelle une audience de réexamen est prévue. Cette décision intervient alors que le président kényan William Ruto, qui qualifie le projet de « chef-d’œuvre », doit présider son inauguration le 30 septembre. Malgré cette suspension, Dangote Industries assure que la cérémonie ne sera pas affectée, comme l’a précisé le groupe dans un communiqué.
La suspension de la raffinerie de Lamu révèle comment un litige foncier peut paralyser un projet industriel phare, malgré le soutien politique et les promesses économiques.
Photo d'illustration : ordinateur portable (Prtksxna, CC BY-SA 4.0)
Un projet stratégique pour le Kenya, mais contesté sur le terrain
La raffinerie de Lamu, estimée à 15 à 16 milliards de dollars, vise une capacité de traitement de 700 000 barils par jour et devrait réduire la dépendance du Kenya aux importations de carburants. Le gouvernement kenyan mise sur ce projet pour créer 60 000 emplois directs et indirects, tout en améliorant la sécurité énergétique du pays, comme l’a souligné William Ruto.
Cependant, les plaignants de Chandavai craignent des expulsions forcées et l’absence de plan de relogement, soulignant que le code environnemental kenyan exige normalement une étude d’impact pour un projet de cette envergure. La région de Lamu, classée zone touristique et abritant une biodiversité marine riche, est aussi au centre des préoccupations écologiques, selon RFI .
Ce que cela change ici
Au Bénin et en Afrique de l’Ouest, où les projets d’infrastructures énergétiques suscitent souvent des tensions foncières et environnementales, cette suspension rappelle l’importance de concilier développement industriel et droits des communautés locales. Les entreprises et administrations pourraient être amenées à renforcer leurs consultations préalables avec les populations riveraines, sous peine de voir leurs projets bloqués par des recours juridiques similaires.
Par ailleurs, les conflits autour des mégaprojets, comme celui de Dangote, pourraient inspirer une réflexion sur les mécanismes de médiation foncière et environnementale en Afrique. Les gouvernements locaux devraient anticiper ces litiges en intégrant des clauses de protection sociale et écologique dès la phase de conception, afin d’éviter des retards coûteux et des impasses juridiques.
Un contexte régional marqué par des contentieux similaires
Le cas de la raffinerie de Lamu s’inscrit dans une dynamique plus large de contestations autour des investissements pétroliers en Afrique. Au Nigeria, la raffinerie de Lekki, également portée par Dangote Industries, fait face à un conflit avec le régulateur NMDPRA, accusé de vouloir monopoliser le marché aval, selon La Nouvelle Tribune . Ces tensions illustrent les défis liés à l’attractivité des projets industriels majeurs sur le continent.
Aliko Dangote, patron du groupe, minimise ces recours en les qualifiant de « normaux en Afrique », une position qui contraste avec les attentes des populations locales et des acteurs environnementaux. Pour les entreprises opérant en Afrique de l’Ouest, cette affaire pourrait servir d’avertissement sur la nécessité de gérer les conflits fonciers avec transparence et équité.
Sources