Actualités / Général
Le Burkina Faso dépasse le Niger au Port Autonome de Cotonou : une dynamique commerciale en mutation Publié le 4 octobre 2026 par Rédaction Lawing Tech (3 min de lecture)
Le Port Autonome de Cotonou (PAC) a enregistré une progression historique de 52 % de son trafic en 2025, atteignant 14,7 millions de tonnes. Le Burkina Faso, désormais premier marché de transit, remplace progressivement le Niger, dont l’influence recule malgré un trafic pétrolier stable. Cette évolution reflète une recomposition géopolitique et logistique en Afrique de l’Ouest.
Vidéo : LE PORT AUTONOME DE COTONOU : 60 ANS D'IMPACT ® (PORT AUTONOME DE COTONOU (PAC), YouTube)
Un trafic portuaire en hausse record : les chiffres clés de 2025
Le Port Autonome de Cotonou (PAC) a connu une croissance spectaculaire en 2025, avec un trafic total passant de 9,6 millions de tonnes en 2024 à 14,7 millions de tonnes, soit une progression de plus de 52 % en un an selon 24 Heures au Bénin . Cette performance s’explique en partie par la diversification des flux, où le transit représente désormais 39,2 % du trafic portuaire, comme l’indique la direction commerciale du PAC citée par Afrikactus . Parmi les marchandises les plus acheminées, les hydrocarbures dominent, avec près d’un million de tonnes destinées au Burkina Faso en 2025.
Le Burkina Faso a pris la tête des marchés de transit du PAC en 2025, tandis que le Niger, malgré un recul global, maintient son importance grâce au transit pétrolier via Sèmè-Podji.
Illustration : Burkina Faso (Africa_(orthographic_projection).svg: Martin23230 derivative work: F l a n k e r, derivative work: Flappiefh, CC BY-SA 3.0)
Le Burkina Faso devient le premier partenaire de transit, le Niger recule (sauf pour le pétrole)
Le Burkina Faso a pris la tête des marchés de transit du PAC en 2025, dépassant le Niger, ancien leader, selon 24 Heures au Bénin . Avec 16 % du trafic de transit, le pays a bénéficié d’un afflux massif de marchandises, principalement des hydrocarbures, tandis que le Niger, malgré un recul global, maintient son importance grâce au transit pétrolier via le terminal de Sèmè-Podji. Ce terminal traite du brut nigérien destiné à l’exportation, comme le souligne Afrikactus , soulignant que le Bénin facilite toujours cet acheminement sous réserve du respect des accords de transit.
Illustration : Niger (Marcos Elias de Oliveira Júnior, Public domain)
La recomposition de la CEDEAO et ses répercussions sur les flux commerciaux
La sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO en janvier 2025 a accéléré une recomposition des corridors logistiques, comme l’explique Afrikactus . Les tensions politiques et sécuritaires ont affecté le corridor Cotonou-Niamey, poussant les pays enclavés à diversifier leurs partenariats. Le Nigeria, confronté à des problèmes de congestion dans ses propres ports, utilise désormais Cotonou comme alternative, tandis que le Tchad explore un partenariat logistique avec le Bénin pour sécuriser ses approvisionnements maritimes.
Ce que cela change ici : opportunités et défis pour les entreprises et administrations de la sous-région
Pour les entreprises béninoises et les administrations publiques, cette dynamique offre des opportunités de développement dans les secteurs logistique et pétrolier. Le PAC pourrait renforcer sa position comme hub régional si les infrastructures sont adaptées à la hausse du trafic, notamment pour le transit burkinabè et nigérien. Cependant, les défis sécuritaires et géopolitiques persistent : les tensions avec le Niger pourraient perturber les flux, tandis que la dépendance aux hydrocarbures expose le port à la volatilité des prix et des accords internationaux. Les administrations devront aussi veiller à ce que les nouveaux corridors (comme celui envisagé avec le Tchad) soient sécurisés et conformes aux réglementations régionales.
Les acteurs privés, quant à eux, pourraient tirer parti de cette croissance en investissant dans des services complémentaires (stockage, transport fluvial, digitalisation des douanes) pour optimiser la chaîne logistique. La diversification des partenariats, comme celle observée avec le Nigeria, pourrait aussi réduire la vulnérabilité du PAC aux crises locales.
Sources Préparé par la veille de Lawing Tech à partir des sources citées. Notre charte éditoriale