GCB Bank PLC rejoint le CIPS pour accélérer les paiements en yuan entre le Ghana et la Chine
GCB Bank PLC, deuxième acteur bancaire ghanéen après Stanbic Bank, finalise son intégration au système CIPS chinois pour permettre aux entreprises locales de régler leurs fournisseurs chinois directement en yuan. Une mesure qui pourrait réduire les coûts et les délais pour les échanges bilatéraux, en pleine croissance.
par Rédaction Lawing Tech (3 min de lecture)

Le CIPS, un levier pour contourner le dollar dans les échanges avec la Chine
GCB Bank PLC, l’une des principales institutions financières du Ghana, prépare son adhésion au China Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), le réseau chinois de paiements transfrontaliers en renminbi (yuan). Cette initiative, annoncée après l’intégration réussie de Stanbic Bank Ghana en août 2026, vise à faciliter les règlements directs entre entreprises ghanéennes et chinoises, sans passage obligatoire par des banques intermédiaires ou une conversion systématique en dollars.
Selon l’Agence Ecofin, le CIPS permet aux acteurs économiques d’éviter les frais élevés liés aux changes et aux commissions bancaires internationales. Pour les exportateurs ghanéens, cette option pourrait aussi réduire les contraintes de liquidités en devises étrangères, un défi récurrent souligné par la Banque centrale du Ghana.
Les recettes d'exportation ne sont pas de simples enregistrements de transactions mais un actif stratégique national qui stabilise le cedi, finance les importations et renforce l'économie.

Un contexte commercial en pleine expansion entre le Ghana et la Chine
Les échanges bilatéraux entre le Ghana et la Chine ont atteint un record de 14,1 milliards de dollars en 2025, en hausse de 19,3 % sur un an, selon l’ambassadeur de Chine au Ghana, Cong Song, cité par l’Agence Ecofin. Ce dynamisme commercial justifie l’intérêt des banques ghanéennes pour des solutions de paiement plus fluides, comme le CIPS.
Les principaux produits d’exportation du Ghana vers la Chine, or, pétrole brut et cacao, représentent plus de 80 % des recettes totales, comme le rappelle la Banque de Ghana dans ses nouvelles directives sur les Letter of Commitment (LOC). Ces recettes, estimées à environ 31,2 milliards de dollars en 2025, sont considérées comme un actif stratégique pour stabiliser la monnaie locale (le cedi) et financer les importations.
Ce que cela change ici : des opportunités pour les entreprises et administrations d’Afrique de l’Ouest
Pour les entreprises du Bénin et d’Afrique de l’Ouest, l’adhésion de GCB Bank au CIPS pourrait inspirer des stratégies similaires pour diversifier les canaux de paiement dans les échanges avec la Chine. À l’image du Ghana, les pays de la sous-région pourraient bénéficier d’une réduction des coûts de transaction et d’une meilleure traçabilité des flux financiers, surtout pour les secteurs dépendants des importations chinoises (infrastructures, technologies, matières premières).
Les administrations locales, comme la Banque centrale du Bénin ou les chambres de commerce, pourraient aussi s’appuyer sur ce modèle pour négocier des accords bilatéraux facilitant les paiements en yuan. Cela réduirait la dépendance au dollar et limiterait les risques liés aux fluctuations des taux de change, un enjeu majeur pour les économies régionales.
Enfin, l’exemple ghanéen montre que l’adoption de tels systèmes nécessite un cadre réglementaire clair, comme l’a démontré la Banque de Ghana avec ses nouvelles directives sur les LOC. Les pays voisins pourraient s’en inspirer pour renforcer la conformité tout en fluidifiant les échanges, notamment via des partenariats avec des banques locales et des institutions chinoises.
Un projet en phase avec les réformes locales de la Banque de Ghana
La Banque de Ghana a récemment révisé ses guidelines sur les Letter of Commitment (LOC), prolongeant notamment la période de rapatriement des recettes d’exportation de 60 à 120 jours pour améliorer la liquidité des exportateurs. Cette mesure s’aligne avec l’objectif de créer un environnement « transparent, prévisible et efficace » pour les acteurs économiques, comme l’a souligné Mrs Matilda Asante-Asiedu, responsable au sein de la Banque de Ghana.
L’intégration de GCB Bank au CIPS s’inscrit dans cette logique de modernisation. Elle pourrait, à terme, encourager d’autres institutions financières ghanéennes à adopter des solutions similaires, renforçant ainsi la compétitivité du pays dans ses échanges avec la Chine. Pour les autres nations africaines, cela pourrait servir de référence pour négocier des accords de paiement alternatifs, surtout dans un contexte où les tensions géopolitiques affectent les systèmes traditionnels (comme SWIFT).
Sources
- Ghana : GCB Bank prépare son adhésion au système chinois de paiements transfrontaliers CIPSAgence Ecofin, 16 octobre 2026
- Bank of Ghana launches revised LOC guidelines, highlights CIPS for direct Yuan settlementfmnewsonline.com, 15 octobre 2026
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