La CMA britannique envisage un statut stratégique pour Microsoft dans les logiciels professionnels
La CMA britannique ouvre une consultation pour qualifier Microsoft d’acteur à statut stratégique dans les logiciels professionnels. L’enquête cible cinq secteurs clés, dont les suites bureautiques et les systèmes d’exploitation, où le géant américain est accusé de restreindre la concurrence. Les implications pour les entreprises africaines sont majeures.
par Rédaction Lawing Tech (3 min de lecture)

Quels secteurs sont concernés par l’enquête de la CMA ?
La Competition and Markets Authority (CMA) du Royaume-Uni examine la position dominante de Microsoft dans cinq secteurs clés des logiciels professionnels : les systèmes d’exploitation pour PC, les suites bureautiques (comme Word, Excel, Outlook et PowerPoint), les logiciels de sécurité, les systèmes d’exploitation serveurs et les systèmes de gestion de bases de données relationnelles. Selon la CMA, Microsoft y détiendrait une position de « pouvoir de marché substantiel et ancré », limitant les alternatives pour les clients (source : The Register).
Organizations should be able to choose the products that work best for them, switch provider when they want to and combine services from different suppliers.

Quelles pratiques sont visées par la CMA ?
L’enquête met en lumière plusieurs pratiques restrictives. D’abord, les barrières à la commutation entre fournisseurs : les clients peinent à quitter les solutions Microsoft, notamment en raison des coûts élevés liés au déploiement de services comme Windows Server ou SQL Server sur des clouds non Microsoft, selon des plaintes de rivaux (source : The Register). La CMA souligne aussi l’intégration technique poussée entre les produits Microsoft, qui favorise son écosystème unifié (bundles de logiciels à prix réduits, compatibilité native entre Word, Teams ou Copilot).
Par ailleurs, la CMA interroge la liberté de choix des outils d’intelligence artificielle : les clients pourraient être empêchés d’utiliser des solutions alternatives à Copilot, l’assistant intégré de Microsoft. L’Open Cloud Coalition dénonce des pratiques de licence restrictive qui faussent la concurrence dans le cloud, augmentant les coûts pour les entreprises (source : Briefs.co).
Quelles réactions proviennent des acteurs concernés ?
Microsoft rejette les conclusions de la CMA, affirmant que ses produits, y compris Copilot, sont « ouverts et interopérables », permettant aux clients d’utiliser des services concurrents (source : The Register). Le géant conteste notamment l’idée d’un pouvoir de marché abusif, soulignant des prix attractifs pour les bundles. À l’inverse, la Browser Choice Alliance soutient la proposition de la CMA, accusant Microsoft d’utiliser sa domination dans Windows et les suites bureautiques pour promouvoir son navigateur Edge, même lorsque les utilisateurs privilégient des alternatives (source : The Register). AWS, partenaire indirect de Microsoft, reconnaît avoir pris des mesures pour offrir plus de flexibilité aux clients britanniques, mais sans commenter directement les conclusions de l’enquête.
Ce que cela change ici : implications pour les entreprises et administrations d’Afrique de l’Ouest
Si la CMA impose des règles similaires à celles envisagées au Royaume-Uni, les organisations locales pourraient bénéficier d’un marché plus ouvert, avec une réduction des coûts liés aux licences et une meilleure interopérabilité entre outils concurrents. Par exemple, les ministères béninois utilisant Windows Server ou SQL Server pourraient trouver plus aisé de migrer vers des alternatives open source ou des clouds locaux, comme ceux proposés par des acteurs africains comme Liquid Telecom ou MTN Business.
Les PME et startups africaines, souvent contraintes par des budgets serrés, pourraient aussi accéder à des solutions plus compétitives, si les barrières à l’entrée sont levées. Cependant, une transition vers des écosystèmes moins intégrés pourrait nécessiter des formations supplémentaires pour les utilisateurs, ainsi qu’une refonte partielle des infrastructures IT. Les administrations, dépendantes de normes internationales pour la cybersécurité, devraient évaluer attentivement l’impact de telles réformes sur leur souveraineté numérique, notamment si des restrictions sont imposées aux outils d’IA comme Copilot, largement déployés dans les services publics.
Sources
- UK CMA Weighs Tougher Rules for MicrosoftBriefs.co, 16 octobre 2026
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