CÉDÉAO et AES : un accord-cadre de coopération en préparation après la réunion ministérielle de Dakar
La première session de la Réunion Ministérielle du Dialogue entre la CÉDÉAO et la Confédération de l’AES, tenue à Dakar le 17 octobre 2026, a marqué une étape clé dans la relance des relations entre les deux blocs. Les deux parties ont convenu de travailler vers un accord-cadre de coopération, après des mois de tensions diplomatiques.
par Rédaction Lawing Tech (3 min de lecture)

Un dialogue relancé après des mois de tensions
La réunion ministérielle du 17 octobre 2026 à Dakar, co-présidée par Cheikh Niang, ministre sénégalais des Affaires étrangères pour la CÉDÉAO, et Karamoko Jean-Marie Traoré, ministre burkinabè pour l’AES, a officialisé la reprise des échanges entre les deux organisations. Selon le communiqué final publié par la CÉDÉAO, cette session représente la première rencontre officielle depuis le retrait des trois États membres de l’AES (Burkina Faso, Mali et Niger) en janvier 2025.
Les tensions entre les deux blocs remontent à 2024, lorsque les juntes militaire du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont dénoncé un manque de soutien de la CÉDÉAO face à la menace terroriste et des sanctions économiques jugées illégales. Ces frictions avaient conduit à leur retrait de la CÉDÉAO et à la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), formalisée par la signature de la Charte du Liptako-Gourma en septembre 2023 et la création de la Confédération de l’AES en juillet 2024.
Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de fonder leurs relations sur le bon voisinage, le respect de la souveraineté et le bien-être des populations ouest-africaines.

Un communiqué final centré sur la coopération et le respect mutuel
Le communiqué conjoint publié après la réunion de Dakar met en avant trois principes fondateurs pour les relations futures : le bon voisinage, le respect de la souveraineté et la dignité des populations. Selon Jeune Afrique, les deux parties ont souligné « l’esprit de fraternité, de respect mutuel et d’ouverture » ayant marqué leurs échanges, tout en réaffirmant leur volonté de « maintenir des relations de bon voisinage » (source).
Les ministres ont également convenu de mettre en place des groupes de travail thématiques conjoints pour élaborer un accord-cadre de coopération. Ce cadre, évoqué comme une ambition commune, devra structurer les échanges futurs entre les deux organisations, notamment dans des domaines d’intérêt partagé comme la sécurité régionale, l’économie et les infrastructures.
Des groupes de travail pour concrétiser l’accord-cadre
La création de groupes de travail thématiques, annoncée dans les communiqués des deux parties, représente une avancée concrète. Selon La Vie Sénégalaise, ces groupes devront « élaborer un accord-cadre de coopération » en s’appuyant sur les consultations préalables tenues à Bamako en mai 2025 (source). Les discussions futures devront intégrer les spécificités des deux blocs, notamment les défis sécuritaires communs et les enjeux économiques transfrontaliers.
Les conclusions de ces travaux seront soumises à l’appréciation des ministres lors d’une prochaine session, dont la date et le lieu seront fixés par voie diplomatique. Cette approche progressive vise à éviter les écueils des négociations précédentes, marquées par des désaccords profonds.
Ce que cela change ici : des implications pour les entreprises et administrations d’Afrique de l’Ouest
Pour les entreprises et administrations du Bénin et d’Afrique de l’Ouest, cette relance du dialogue entre la CÉDÉAO et l’AES pourrait ouvrir de nouvelles opportunités commerciales et sécuritaires. Un accord-cadre de coopération conditionnerait la stabilisation des échanges transfrontaliers, notamment pour les secteurs comme l’agroalimentaire, les infrastructures et les technologies de l’information.
Les administrations publiques pourraient bénéficier d’une meilleure coordination régionale en matière de cybersécurité et de gestion des crises, deux domaines où la CÉDÉAO et l’AES ont des intérêts convergents. Par ailleurs, les entreprises locales seraient incitées à diversifier leurs partenariats pour tirer parti des marchés des trois États de l’AES, sous réserve de la finalisation de l’accord-cadre.
Enfin, les appels d’offres publics dans la sous-région pourraient évoluer si les deux blocs alignent leurs normes et procédures, facilitant ainsi la participation des entreprises béninoises et ouest-africaines à des projets communs.
Sources
- Communiqué final : Première session de la Réunion Ministérielle du Dialogue entre la CÉDÉAO et l’AESCEDEAO (ECOWAS), 18 octobre 2026
- AES-Cedeao : les deux blocs annoncent vouloir travailler à un « accord-cadre »Jeune Afrique, 19 octobre 2026
- Dialogue sur la Coopération entre la CÉDÉAO et la Confédération de l’AESLa Vie Sénégalaise, 18 octobre 2026
- CEDEAO – AES : La réunion ministérielle de Dakar pose les bases d’un accord-cadre de coopérationBurkinaYawana, 17 octobre 2026
Préparé par la veille de Lawing Tech à partir des sources citées. Notre charte éditoriale
